CIRA

Qui sommes-nous ?

Un peu de lecture

Bulletin

CIRA infos

Débats

Bibliothèque

Archives

Liens

Nouveau sur le site


Débats à venir
samedi 16 décembre 2017
MARSEILLE (CIRA) : Sur Brassens et autres « enfants » d'Italiens par Isabelle Felici, avec la participation musicale de Meille la suite...

Toutes les annonces de la dernière Feuille d'Infos du CIRA (#199 de novembre 2017 au format html ou au format pdf
À écouter
Tables rondes de la FLAM 2015
Foire aux livres anarchistes de Marseille

Simón Radowitzky en Argentine

 


Simón Radowitzky est né en 1891, à Stapanesso, en Ukraine près de Kiev au sein d'une famille d'ouvriers. Dès l'âge de 10 ans, il doit travailler comme apprenti dans un atelier de mécanique. Rapidement en contact avec le monde ouvrier et ses dures conditions de travail, il écoutait attentivement les discussions politiques de ses aînés et cette période d'initiation eut une grande influence sur sa future formation intellectuelle et sa conscience politique. Dès 14 ans, il participa à sa première grève pour revendiquer la réduction de la journée de travail à 10 heures. Il connaîtra un peu plus tard la prison pour avoir distribué des tracts révolutionnaires. En 1905, il est nommé secrétaire du soviet de l'usine où il travaillait ; il n'avait alors que 15 ans. Quelques années plus tard, sous la menace de la déportation en Sibérie, il prendra le chemin de l'exil et s'embarquera pour l'Argentine en 1908.

À Buenos Aires, il travailla comme mécanicien. Le 1er mai 1909, il participa à la manifestation au cours de laquelle moururent plusieurs ouvriers suite aux affrontements avec la police. Il décida alors de venger personnellement le sort de ces ouvriers et prépara minutieusement un attentat contre le colonel Falcón, responsable de la répression de la « Semana roja » qui suivit la manifestation du 1er mai. Après un première tentative, Radowitzky expliqua plus tard au cours de son procès qu'il y avait trop de monde ce jour-là dans la rue et que sa bombe aurait pu tuer des innocents, l'attentat eu lieu le 14 novembre 1909 et la bombe tua Falcón et son secrétaire. Le juge demanda la peine de mort mais sa peine fut commuée en réclusion à perpétuité étant donné le jeune âge de l'accusé encore mineur.

Radowitzky déclara toujours qu'il avait agi en solitaire, sans aucune organisation derrière lui. Cependant, la répression contre les anarchistes fut particulièrement acharnée par la suite. Ceux-ci déployèrent toutes leurs énergies pour obtenir la libération de Radowtzky. Ils organisèrent son évasion en novembre 1918 mais elle échoua. Malgré tous ces efforts, Simón Radowitzky passa 21 ans au bagne d'Ushuaia.

Cependant, la presse libérale s'intéressa au cas Radowitzky et l'épouse du directeur du journal « La Crítica », Mme Medina de Botano, obtint l'indulgence du président (le radical Hipólito Yrigoyen) qui procéda à la libération de Simón le 6 septembre 1930.

Radowitzky dut quitter l'Argentine et partit pour Montevideo où il n'abandonna pas la lutte contre l'injustice et pour ses idéaux libertaires. Il participa donc à la lutte contre le dictateur Gabriel Terra. Il fut à nouveau arrêté et déporté à l'Isla de Flores en 1933, d'où il réussit à s'échapper. Trois ans plus tard, on le retrouve en Espagne, sur le front d'Aragon... Après la victoire des franquistes, il est déporté au camp de concentration de Saint-Cyprien. Il en fut libéré et s'exila au Mexique en changeant d'identité (Raúl Gómez). Il y resta jusqu'à sa mort à 65 ans, en 1956.

Avec la disparition de Radowitzky « s'en allait l'un des derniers survivants de la Révolution russe de 1905 et l'un des plus purs idéalistes du mouvement ouvrier international » selon Augustin Souchy (« Partage noir »).

Marianne Equy



Article au format texte pour impression
Format imprimable

  Qui ?     Lecture     Bulletin     Lettre     Débats     Bibliothèque     Archives     Liens     Nouveau  

Centre international de recherches sur l'anarchisme

Siège et correspondance  
Téléphone  
Adresse électronique  

  50, rue Consolat, 13001 Marseille
  09 50 51 10 89/04 91 56 24 17
  cira.marseille@gmail.com